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Le journal de Tafraout
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Les pluies diluviennes provoquent de nombreux dégâts : Le centre-ville de Tafraout sous l’eau !


Tout a débuté, mercredi, vers 17h54 min. Il a plu des cordes. En un temps record d’à peine une demi-heure, plus de 55 mm de pluie sont tombés sur la ville. Une pluviométrie très suffisante pour transformer la cité en véritable piscine ! De mémoire d’habitant, jamais d’aussi fortes pluies ne se sont abattues sur la région depuis 1985. La crue de l’oued Assif N’ssouk, qui traverse le centre-ville, a atteint la hauteur record de plus de 5 mètres, rendant toute circulation entre les deux rives impossible. L’obstruction des canalisations par les déchets et autres immondices charriés par les eaux a vite provoqué l’inondation du centre-ville, offrant ainsi un paysage digne du déluge! L’Avenue des FAR qui traverse le pont enjambant ledit oued s’est subitement métamorphosée en un torrent dont les hauteurs ont varié entre 80 cm et 1,20m. Ce qui a entraîné le déversement des flots dans les commerces et autres cafés sis aux abords de l’avenue, où le niveau des crues est vite monté jusqu’à 30 cm. Si des pertes humaines n’ont pas été enregistrées, les dégâts matériels sont en revanche énormes. Les indomptables infiltrations fangeuses ont largement touché les commerces d’habillement et une agence de voyages. Mais ce sont surtout les marchands de légumes et fruits, des dattes et les vendeurs ambulants des ustensiles de cuisine et autres décors ayant étalé leurs marchandises sur la place du souk hebdomadaire à proximité immédiate de la rive droite de l’oued, qui ont subi les plus grands préjudices. Selon les témoignages des victimes, une dizaine de commerçants ont vu emporter la totalité de leurs marchandises par les courants impétueux de l’oued en question. Plusieurs véhicules garés au long de l’avenue noyée, ont été aussi endommagés et violemment entraînés par la force des crues. On signale également l’écroulement de plus de 10 m de clôture murale d’une enceinte appelée « Lfndk Akdim », où l’on parquait autrefois les bêtes de somme le jour du souk hebdomadaire de Tafraout et l’inondation de la maison. Les eaux ont envahi les pièces de cette vieille demeure, en dégradant ainsi appareils électroménagers, matelas et autres effets des propriétaires. Les sinistrés ont perdu également leurs bétail et volailles emportés par les flots. Dans les villages avoisinants, les dégâts ne sont pas moins lourds. On signale l’affaissement de plusieurs demeures en pisé, sans faire, heureusement, de dégâts humains et la submersion par les eaux de nombreux champs et vergers des Aday et Ighir. On déplore ainsi des cultures sinistrées et des dizaines d’arbres arrachés.
Il faut reconnaître que n’eût été la mobilisation fortement remarquée des éléments de la gendarmerie et ceux de la protection civile, les dégâts auraient pu être encore plus conséquents. Leurs interventions ont été d’un secours « providentiel », sachant que plusieurs familles habitant des demeures menaçant ruine ont été évacuées de justesse avant d’assister à leur effondrement, juste quelque temps après. Toutefois, l’impact de cette intempérie aurait pu être beaucoup moindre en termes de dégâts si l’autorité locale, pourtant au courant de l’imminence du mauvais temps, s’était donné la peine d’empêcher les marchands d’étaler leurs marchandises près du terrain riverain de l’oued et d’aviser les commerçants et habitants du voisinage de prendre leurs dispositions. Il l’aurait été aussi si le dragage du lit de l’oued à proximité du pont pour empêcher l’engorgement des buses qui a entraîné le débordement des eaux et l’envahissement du centre-ville, était réalisé. Bref, c’est à se demander à juste titre, ce que font ces commissions provinciales de vigilance et de suivi des intempéries dont la mise en place ne cesse d’être claironnée sur tous les toits.

Vendredi 5 Février 2010
IDRISS OUCHAGOUR


Le caravaning sauvage indispose les habitants de Tafraout

Beaucoup de touristes camping-caristes et autres voyageurs en caravanes, notamment étrangers, qui viennent passer leurs vacances dans la région de Tafraout, ne vont pas dans les campings. Ils préfèrent, tout au long de leurs séjours, camper dans la nature. Les exploitants des terrains aménagés en campings dans la région, ne voient pas d'un bon œil ce phénomène. Ils l'estiment préjudiciable à leur activité commerciale. D'où, leur colère. «Cette situation nuit à notre commerce en nous prinvant d'une grande partie de revenus. C'est injuste», tonne le propriétaire d'un camping dans la ville .En effet, à voir l'ampleur du phénomène, on imagine facilement l'énorme manque à gagner occasionné.
A titre indicatif, uniquement dans la palmeraie de la ville, un des lieux de stationnements de prédilection des camping-caristes, pas moins d'une centaine de véhicules y sont garés depuis une semaine. « En appliquant le tarif entre 45 et 60 DH par jour pour chaque camping-car, vous vous rendez compte de l'argent qui échappe aux exploitants des terrains aménagés pour accueillir ces voyageurs?», se justifie, Saïd, gérant d'un camping. Près du village de Tazka, les terres N'Ait Ouaday, Aït Ighir, Doulbarj, Tazrmlalt sont aussi squattées depuis un mois par une centaine de ces maisons roulantes. Attirés par le Festival des amandiers qui se tient actuellement, ou tout simplement par le temps généralement ensoleillé du Maroc en fuyant les froids insupportables chez eux, les voyageurs en camping-car, pour la plupart des retraités, envahissent la ville à cette période de l’année. Une ruée qui donne lieu à des stationnements anarchiques un peu partout dans les terrains privés des habitants sans consentement de ces derniers. Lesquels, bien au contraire, nous disent-ils, se sont retrouvés dépassés par ce phénomène surtout après que les plaintes adressées au pacha de la ville lui demandant d’intervenir pour empêcher le caravaning sur leurs terrains, sont restées lettre morte. La passivité de ce responsable est vue par les exploitants des campings comme une manœuve les visant, surtout, qu’il n'a pas seulement accepté cette anarchie, mais il aurait, bien plus, décidé de confier la gestion de ces terrains privés « conquis » par les camping-caristes, à des tiers, qui font payer chaque jour, à leurs « clients »des redevances sur l'occupation !
«Comment voulez-vous alors que notre activité prospère?», s'indignent les propriétaires des campings. Une version que réfute évidemment le pacha, arguant que les contributions recueilles auprès des camping-caristes constituent les rétributions de deux vigiles de nuit qui veillent sur leur sécurité, après que des vols les ont touchés. Interrogés, les camping-caristes, sachant bien de quoi ils parlent, contredisent cet argument de sécurité: « Il s'agit de paiement exigés en contrepartie des stationnements, puisque la nuit, nous sommes dans nos camping-cars, et nous n’avons pas besoin de gardiens ».
De toute façon , cette situation est fortement dommageable pour l'ensemble des exploitants des campings à Tafraout, sachant qu’il leur est difficile de tenir devant cette concurrence déloyale vu les tarifs pratiqués par ces « gérants » des « espaces de campings sauvages », et ne dépassant pas 10 à 20 DH. Des prix fort attrayants qui finiront par vider, à coup sûr, tous les campings réglementaires dont la région compte désormais près de 10 unités. Et pourtant, des investissements conséquents sont consentis par les exploitants et propriétaires de ces derniers pour monter ces projets et les moderniser. « Nos campings sont assez espacés pour contenir tout le monde; en plus ils disposent de toutes les commodités nécessaires », se défend-on.
En effet, ils sont tous bien équipés en eau, électricité, sanitaires, douches, Internet, etc. Il y en a même qui mettent au service de leurs clients des machines à laver, fonctionnant par injection de pièces de monnaie et des dispositifs permettant le traitement des ordures ménagères et même des selles chimiques déversées. Bref, de coûteux placements financiers que leurs initiateurs peinent désormais à amortir. Notons que ce phénomène de camping sauvage, ne fait pas uniquement mal aux opérateurs travaillant dans ce segment d'activité de l'hébergement touristique, mais aussi à l'environnement. A la fin de la saison touristique, les lieux évacués, sont souvent jonchés de déchets et ordures jetés en pleine nature. Ils sont également pollués par les déversements chimiques des selles que les camping-caristes laissent couler sans vergogne sur les terrains exploités.

Où va l'argent ?

Tout le monde en parle à Tafraout. L'exploitation illégale des stationnements des camping-cars dans les terrains privés des habitants de la ville, est une grosse machine à sous. Chaque saison touristique entraîne le passage, de quelque 1200 caravanes et camping-cars. 80% d’entre eux ne vont jamais aux campings mais passent en moyenne 6 à 7 jours dans les espaces squattés. Or, les sommes recueillies sont trop importantes pour être destinées à la seule rétribution des deux soi-disant vigiles. Les rentes rapportées par ce juteux filon illicite ne sont pas une mince affaire, mais suscitent des interrogations légitimes parmi les habitants et les opérateurs dans le secteur touristique. Tous demandent a être informés sur la destinée de l'argent récupéré. Qui est derrière ce louche business? A qui profite-t-il vraiment ?

Mardi 9 Février 2010
IDRISS OUCHAGOUR

Contribution le : 09/02 15:56:18
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Re: Le journal de Tafraout
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Tafraout : Deuxième édition du Festival des amandiers

L’Association Louz organise la deuxième édition de Festival des amandiers du ........ 2010 à Tafraout « Terre d’amandiers, terroir d’avenir ». Cette manifestation est organisée en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et des Pêches maritimes, la province de Tiznit, le Conseil régional du Souss-Massa-Drâa, la Commune urbaine de Tafraout, l’Association Timitar le Crédit Agricole et Afriquia. A travers l’organisation de ce Festival, l’Association Louz veut créer une dynamique autour de la filière de l’amandier, consolider les principes de l’économie sociale solidaire et valoriser les produits du terroir et l’artisanat local en particulier. C’est également une opportunité qui permet de rassembler les acteurs économiques et culturels de la région Souss-Massa-Drâa autour d’un programme reflétant la volonté de croissance économique de cette région du Royaume. Des organismes de renom y viennent aussi pour présenter leur expérience et enrichir les débats sur l’économie sociale solidaire et son importance dans le développement durable.
Le Festival s’est fixé pour objectifs spécifiques de faire renaître une festivité ancienne et renouer avec cette tradition ancestrale tout en donnant l’occasion à la ville de Tafraout de rayonner à travers un événement économique et culturel de grande envergure, de contribuer à son essor touristique et économique, de créer un grand événement annuel qui puisse attirer les acteurs économiques, scientifiques et culturels marocains et étrangers, de promouvoir le tourisme dans l’Anti-Atlas. Le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch présidera l’inauguration officielle du Festival le samedi 30 janvier 2010 par le lancement de projets d’irrigation au goutte-à-goutte ainsi que d’autres projets de développement de la filière de l’amandier. Conférences, tables rondes, soirées musicales et animation seront au programme au centre de la ville de Tafraout juste à côté du village d’exposition des produits du terroir et de l’artisanat. Au volet scientifique de cette édition, figure un débat autour des moyens à mettre en œuvre pour la préservation et le développement de la filière de l’amandier qui est confrontée à la problématique de la rareté des ressources hydriques, et notamment sur les techniques de collectes des eaux et de rationalisation des moyens d’irrigation. Déjà entamé lors de la première édition, le débat sur l’économie sociale solidaire se poursuivra cette année à travers la participation du REMESS qui propose un panel d’intervenants sur les particularités et potentialités de l’économie des montagnes.
Et en ce qui concerne le volet artistique la musique amazighe sera à l’honneur à travers la participation de grandes vedettes de la chanson amazighe de la Région Souss-Massa-Drâa, Tabaâmrant en tête et la participation exceptionnelle d’Idir, grande vedette internationale de la chanson amazighe kabyle et auteur du célèbre tube, A Vava Inouva (1976)qui, malgré les années, n’a pas pris une seule ride.

Jeudi 7 Janvier 2010
M’BARK CHBANI

Contribution le : 09/02 16:00:13

Edité par echbab sur 09/02/2010 16:23:00
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Re: Le journal de Tafraout
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Le projet d’aménagement urbain de la ville en chantier : Tafraout renforce ses infrastructures


Des niveleuses et des bulldozers ici et là, des files de camions bennes en train de décharger leurs cargaisons dans diverses places, des ruelles excavées partout et de longues rangées de palettes de pavés autobloquants squattant les trottoirs … Bref, un grand chantier. C’est l’image qu’offre Tafraout depuis l’amorce, il y a quelques semaines, des travaux du grand projet de son aménagement urbain. Un projet né du partenariat entre les ministères de l’Intérieur, de l’Habitat, de la Jeunesse et des Sports d’une part et, de l’autre, le Conseil régional du SMD, le Conseil provincial de Tiznit et la municipalité de Tafraout.
En vertu de ce contrat, ces partenaires s’engagent à verser pour le financement du projet le montant global de 53,78 M de DH, réparti comme suit : ministère de l’Intérieur 22,5 M de DH, celui de l’Habitat 20 M de DH et celui de la Jeunesse et des Sports 3 M de DH. Quant aux Conseils de la région, celui de la province et la municipalité, ils sont tenus de contribuer, respectivement, à hauteur de 4,5 M de DH, 1,1 M de DH et enfin 2,68 M de DH.
Ledit projet consiste d’abord, en l’aménagement des ruelles de la médina dont le sol sera revêtu de pavés autobloquants sur une de superficie de 2000m carrés. Il s’agit aussi de doter de l’éclairage public 2800 ml (mètres linéaires) de la voie menant au village d’Imiyan et Aguerd Oudad. Le même tronçon, long de 3km, subira des travaux de construction d’un mur de soutènement sur une distance de 400 ml, en raison de l’étroitesse de la route sur plusieurs points dangereux pour la circulation et de la reconstruction aussi de la voie sur 900ml.
Toujours au chapitre de l’aménagement des voies, la route urbaine TF10 se trouvant au centre de la ville, connaîtra des travaux de mise à niveau sur une longueur de 210ml, en plus de la construction d’un mur de clôture sur une longueur de 210 ml. Les travaux sont aussi lancés pour aménager la grande place des festivités, près du pachalik sur la route menant à Tiznit. Cela consiste en la mise à niveau d’un terrain de 8000 m2, dont une surface de 4100 m2 sera pavée d’autobloquants colorés. Les travaux comporteront aussi la restauration de plusieurs borjs (anciennes tours datant de l’ère du protectorat) attenants à la place des fêtes, le ravalement de façades d’une vieille bâtisse domaniale qui donne sur la place, en vue d’harmoniser l’aspect architectural et esthétique du site. Sur la même place, on procédera à la construction et revêtement des bancs, trottoirs, bordures et des allées piétonnes. A cela s’ajoutent la construction d’une fontaine et la mise en place d’un éclairage d’ambiance.
Ce grand projet tombe à pic, surtout que Tafraout connaît une croissance démographique effrénée ces dernières décennies en raison des flux migratoires qu’elle reçoit sans relâche des régions de Taliwine, Awloze, Warzazte et même de celles de Marrakech. Le petit patelin mal structuré qu’était Tafraout épouse du coup les aspects d’une grande ville et c’est tout à fait normal que ses habitants aient besoin d’un cadre de vie meilleur leur offrant des aires de repos et des espaces de verdure pour échapper à la grisaille de la vie citadine. D’autre part, ces aménagements vont certes embellir Tafraout et lui donner un aspect à la hauteur d’une ville à vocation touristique, tout en renforçant son infrastructure dans ce domaine puisqu’elle se dotera d’une grande place des fêtes. Surtout que la ville organise désormais chaque année deux festivals de grande envergure (Tifawine et Amandier).

Mardi 19 Janvier 2010
IDRISS OUCHAGOUR

A cause de la sécheresse et du coût élevé de l'opération : Des milliers de paysans renoncent à labourer leurs terres à Tafraout


Après plusieurs jours de mauvaises conditions météorologiques, D'Ahmed ou Ali, un fellah du village d'Ighir Wouriz, dans la commune de Tassrirt, profite du beau temps pour labourer sa terre. Mais, contrairement à l'année agricole écoulé, ce vieux paysan de 72 ans décide cette fois-ci de ne cultiver qu'une dizaine de lopins se trouvant dans les périmètres les plus proches de son douar. Et ce, bien que le pluviomètre ait enregistré dans la région un record inédit de 190mm en l'espace seulement de deux semaines. C'est que la culture de l'orge, qui se trouve être la seule culture céréalière pratiquée dans les zones bour dans la région de Tafraout, est de plus en plus abandonnée par les fellahs.
Depuis une décennie, les surfaces des terrains labourés ne font que diminuer comme une peau de chagrin. Les statistiques établies par les services compétents du Centre des travaux agricoles de Tafraout, sont tristement éloquentes à ce propos. Sur les 6000 hectares labourables que compte la région, on constate que seulement 3200ha ont été mis en orge lors de la dernière campagne agricole. Pour l'actuelle campagne, le chiffre a encore accusé une nouvelle baisse à tel point qu'on a pu comptabiliser plus de 3900 ha de la superficie totale labourable laissés en jachère. « C'est trop », commente-t-on auprès de la direction CTA. La désaffection des fellahs pour cette culture a ses raisons.

Sur les 6000 hectares
labourables, plus de 3900
laissés en jachère

En voici la première : la sécheresse et les pluies qui ne viennent jamais à temps. D'Amoh Amnzouy, un petit fellah dans la commune de Tassrirt, nous explique : « Près de cinq années successives, je laboure assidûment mes terrains, mais la récolte ne vient jamais. Même lorsque le ciel devient généreux, les pluies arrivent souvent tardivement au moment où elles ne sont plus d'aucune utilité pour les cultures. Voilà, depuis, j'ai décidé de ne plus m'y aventurer ». D'autres paysans évoquent d'autres causes. Comme la prolifération de sangliers qui s'attaquent aux cultures.
A chaque campagne agricole, les paysans perdent 20 à 30% des récoltes à cause de ce phénomène, nous renseigne la présidente d'une coopérative agricole locale. La migration effrénée des populations locales vers les centres urbains, très évoquée également, enfonce le clou, dans la mesure où plusieurs jeunes préfèrent aller en ville au lieu de prendre la relève et continuer à travailler la terre des parents qui ont pris l'âge. Mais ce sont les frais relatifs aux opérations de la moisson et le battage des récoltes qui sont aussi incriminés. Pour en savoir plus, nous avons mis le cap sur la région d'Aït Ouafka, autrefois, considérée comme le grenier de la région, en raison de ses vastes plaines exploitées d'une manière mécanisée en céréaliculture. Au village d'Iguiliz, Aami Lahcen, un grand terrien du douar, ne dissimule pas son refus ferme de procéder au labourage de ses terres, tout en levant, quand même, ses mains, les yeux fixés au ciel, afin de remercier Dieu pour les précipitations abondantes dans la région. Pour justifier sa décision, Aami Lachen nous invite à patienter. Il rentre chez lui et sort quelques instants après, muni d'un livret. Dans lequel, sont méticuleusement établis tous les coûts chiffrés ayant trait aux opérations de labourage et récolte de la campagne agricole de l'année dernière, considérée, pourtant, très bonne en raison des pluies abondantes. « Voilà ; regardez !, j'ai récolté 23 quintaux d'orge. En calculant les frais relatifs aux opérations de semence, de labourage, de moisson et de battage, je me suis aperçu que le coût d'un quintal d'orge m'est revenu à 521 DH. Alors que le tarif de vente au marché local de la même unité est de 250 DH. Aberrant, non ? Comment voulez-vous que je m'y mette encore ? », se désole-t-il.

Sur les 9000 paysans qui s'adonnaient à la culture
de l'orge, plus de 7000
ne le font plus

Les fellahs cités ne sont pas des cas isolés. S'ils étaient près de 9000 paysans à s'adonner à la culture de l'orge dans la région, plus de 7000 fellahs relevant des six communes du Cercle de Tafraout ont cessé, jusqu'à nos jours, de pratiquer cette activité dont la production locale s'en est gravement ressentie. Sachant que la production de la région qui se chiffrait toujours en millions de quintaux d'orge en approvisionnant ainsi le marché local et provincial, a énormément chuté pour accuser de piètres résultats, jamais atteints, à l'exemple de l'an dernier où la production totale s'est élevée à environ 19080 quintaux seulement d'orge. Ce qui est jugé par les responsables du Centre des travaux agricoles de Tafraout en deçà de ce qui pourrait être atteint en terme de production, surtout que la pluie est abondante et de la moyenne nationale qui est de 20 quintaux/hectare. Un résultat qui inquiète visiblement ces responsables qui ne lésinent pourtant pas sur les efforts pour inciter les agriculteurs à remettre leurs charrues dans les champs.



Vendredi 22 Janvier 2010
I.O.

Contribution le : 09/02 16:01:43
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Re: Le journal de Tafraout
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Slam n'Rbbi fellawn,

Recherche des articles sur Tafraout:

www.libe.ma/search/Tafraout

Opération organisée par des étudiants de la capitale du Souss : «Ensemble pour les livres de solidarité»


Des livres pour les élèves ruraux démunis. Les étudiants du Master professionnel en tourisme et communication de la Faculté des lettres et sciences humaines relevant de l’Université Ibn Zohr d’Agadir, en partenariat avec l’Association AIDICO d’Anbdour opérant dans la région de Tafraout, ont organisé une opération de collecte de livres au bénéfice des élèves démunis, scolarisés dans les écoles des régions montagneuses de Tafraout.
Placée sous le thème «Les livres de solidarité 2009 », l’opération a eu lieu pendant les 19, 20 et 21 novembre courant à la Chambre de commerce, d’industrie et des services d’Agadir. L’exposition « Livres de solidarité » s’est déroulée en présence de plusieurs invités, notamment le président de l’Université, la directrice de l’Institut français d’Agadir et des responsables des associations de développement. Pendant ces trois jours, des ateliers ont été programmés, dont celui de « Lecture pour enfant » animé par Mme Khadija Rajy, ainsi que d’autres visant la sensibilisation des visiteurs, surtout les enfants au rôle primordial de la solidarité comme valeur culturelle devant être intégrée dans l’approche du développement social.
Selon l’étudiant en Master tourisme, Abderrahim Amri, membre du comité d’organisation, le but de cette opération est de « mettre à la disposition des écoliers relevant des établissements scolaires des zones rurales enclavées cet outil d’apprentissage pédagogique et de culture générale. Par cette action, nous comptons leur inculquer la passion de lire. Nous avons pour objectif de les inciter à s’imprégner de la culture de la lecture». Beaucoup d’ouvrages, une fois lus, sont souvent rangés dans les greniers des maisons où ils moisissent inutilement. Par le simple geste de les retirer et les dépoussiérer, on pourra leur donner « une seconde vie » en les offrant gracieusement aux écoliers aux familles nécessiteuses », ajoute-t-il.
Appel donc aux bonnes volontés. La campagne de collecte durera jusqu’au 30 novembre et les lots de dons ainsi recueillis seront distribués aux bénéficiaires suite à un « voyage solidaire » qui sera entrepris à destination de Tafraout les 2 et 3 décembre prochain, selon le comité organisateur. Les initiateurs de cette louable initiative, parient, nous confient-ils, sur un net succès de leur démarche, surtout qu’elle a pu d’emblée solliciter l’engagement de nombreux sponsors institutionnels et privés, grâce à son caractère caritatif, solidaire et humain..

Contact :
Pour apporter vos contributions appelez :
Abderrahim Amri-Khadija Youssoufi
Tél :067.024.11.65
pourtamazirt@gmail.com

Lundi 23 Novembre 2009
IDRISS OUCHAGOUR

Contribution le : 10/02 12:20:21
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Re: Le journal de Tafraout
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salam alikom
thanks brother echbab for opening this special designed to shed light upon the region of tafraout and its surroundings.thousands thanks to the great man idriss ouchagor for his impressive work.
i have an impression as if i am in tafraout right now when i am reading those articles.
again thanks sir echbab.

Contribution le : 10/02 18:42:18
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Re: Le journal de Tafraout
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En marge du Festival des amandiers à Tafraout : «J’ai le sentiment d’être chez moi à Tafraout»



Natif de Kabylie, Idir ou Hamid Cheriet, de son vrai nom, s’est produit tout dernièrement à Tafraout à l’occasion du Festival des amandiers. L’artiste algérien, vivant actuellement en France, a attiré une immense foule, ses fans amazighs marocains venus
des quatre coins du Royaume, assister à son spectacle.
Les spectateurs ont eu l’occasion d’apprécier-in live- les plus beaux morceaux que compte son répertoire. Comme l’immortel tube planétaire Avava Inouva et bien d’autres succès qui ont jalonné son parcours artistique. Nous l’avons rencontré, à la fin de sa prestation, dans les coulisses. Et c’est avec amabilité qu’il a accepté de nous accorder cet entretien.

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Libération : Un chanteur kabyle au cœur de l’Anti-Atlas marocain, quelle impression cela vous fait?

J’ai l’impression d’être chez moi. Car, dès le début de mon voyage, j’ai eu le sentiment que j’allais à la rencontre de quelque chose de sacré pour moi. Il s’agit de mon identité. Depuis mon jeune âge, le rêve qui m’est cher et qui m’a toujours hanté, c’est d’aller visiter le Maroc. Parce que je savais qu’il y a des frères d’identité à Zayane, au Rif, à l’Anti-Atlas….Je voulais aller à leur rencontre. Et, je ne peux pas vous dire combien je suis heureux et fier de ma culture amazighe, lorsque j’ai parlé avec les habitants de Tafraout en berbère local !.On se comprend parfaitement. Ce sont quasiment les mêmes termes que nous utilisons en Kabylie. Il y a juste une différence au niveau des accents, de la prononciation. Mais une fois qu’on arrive à les décrypter, les vocables deviennent compréhensibles.

Comment les nombreux spectateurs venus vous voir sur scène, se sont-ils comportés avec vos chansons?

Ils sont presque tous des Imazighs. Ce qui fait que ma prestation n’est pas passée comme un lassant «monologue» chanté et composé en musique! Au contraire, j’ai entendu nombreux d’entre eux reprendre littéralement les paroles et d’autres fredonner les mélodies …. C’est que, si j’ose dire, une certaine interactivité s’était établie d’emblée entre le public et la scène. Le plus frappant est le port par les garçons et les jeunes filles de drapeaux et fanions amazighs. Manifestement, il y a là un désir d’afficher son identité et l’exhiber avec fierté. Par ailleurs, j’ai ressenti que dans ce «show d’affirmation identitaire», on ne saurait affirmer qu’on se bat contre quelque chose ou quelqu’un. On aime tout simplement la musique comme langage commun entre des gens appartenant à la même culture. C’était un moment d’émotion où la fibre amazighe s’est manifestée.

Quel regard portez-vous sur nos chanteurs berbères engagés pour défendre la culture amazighe?

J’aime tout ce qui est contestataire. Et je ne peux alors qu’apprécier leurs parcours et combats. Je veux citer, à titre indicatif seulement, la chanteuse Tabaâamrant, qui a fait de la défense de sa culture berbère un véritable sacerdoce. J’ai beaucoup d’admiration aussi pour Mohamed Rouicha, c’est un grand ambassadeur de Tamazight. Je pense que le combat mené a donné ses fruits. Ne serait-ce que ce grand mérite de pouvoir aujourd’hui s’afficher sans complexe, sans peur de se faire traiter de Chlehs avec tout ce que ce terme comporte comme clichés désuets dans les esprits snobinards et réfractaires à la différence. Car, ce n’était pas le cas, à une certaine époque !. Toutefois, j’aimerais à l’occasion rendre hommage à ce grand chanteur berbère, feu Hadj Belâid. C’est un temple de la chanson amazighe. J’admire sa musique, ses paroles…Je trouve extraordinaire sa manière d’exercer son art.

En Algérie, est-ce que la chanson berbère a eu un impact positif sur le processus revendicatif des Imazighs?

Evidemment ! La musique est une arme fatale en la matière. Elle est plus forte, plus influente qu’aucun discours ne peut supplanter. Citez-moi un discours qui ait changé le monde!? Probablement, aucun. Le plus percutant parvient à mobiliser les gens un certain temps, avant de perdre son aura et sa force de persuasion. Quant aux chansons, il y en a qui ont tenu des siècles !. En Algérie, pour se payer notre tête, nous les Kabyles, on nous traitait de paysans ploucs !. Notre culture était vue comme une risée, une tête de Turc!. Mais, je peux vous dire que nos chansons ont été pour beaucoup dans la reconnaissance et le rayonnement de notre culture. Je me souviens de la sortie de mon premier album « Avava Inouva ». Cette chanson a vite fait tilt. Elle a par suite fait le tour du monde. Beaucoup de grands chanteurs européens l’ont reprise et interprétée à leurs manières. Elle a ainsi donné une très belle image de notre culture. Durant toute ma carrière, j’ai vu que beaucoup de jeunes français, à travers mes chansons, se sont intéressés à la Kabylie, à ma langue et à ma culture. Un jour, un jeune Français, m’a dit : «Si Tamazight était une confession, je l’aurais vite embrassée!». On voit ainsi comment le langage musical transcende les frontières et au passage, brise clichés et tabous.

Quelle appréciation faites-vous de la lutte menée par les Imazighs du Maroc ?

Il faut dire que la lutte suit tranquillement son chemin. Bien sûr qu’il y a toujours des résistances, des réticences. On nous sort plein d’arguments pour nous dissuader …Dont le plus grave est qu’on fait tout pour confondre encore le religieux et le culturel. Autrement dit, c’est vouloir délayer toute une identité dans la confession. Ce n’est pas logique!. On nous dit qu’on est tous musulmans, le prophète étant arabe. Soit! On n’a aucun problème avec l’islam et sa pratique, encore moins avec la culture arabe. Mais, il faut juste comprendre que les Iraniens sont musulmans et pas arabes, de même pour d’autres peuples. Et là, par exemple, il faut un long travail de sensibilisation, d’explication pour mieux cerner dans les esprits la dimension culturelle et identitaire et la distinguer des autres éléments comme la religion. Ce n’est là qu’un exemple. Toutefois, je trouve qu’au Maroc, le chemin est balisé. Votre jeune Roi est lucide, il y est pour beaucoup. La création de l’IRCAM, l’enseignement de Tamazight, etc, sont autant d’indices révélateurs de la conscience des décideurs vis-à-vis de la chose. Bien que, chez nous, en Algérie, le dossier de Tamazight ait mieux évolué en termes d’acquis arrachés. On en est maintenant à la constitutionnalisation de la langue berbère. La lutte s’est exportée ailleurs. La France vient de reconnaître le statut officiel de la langue amazighe et, à Paris, on nous construira un centre culturel berbère. A New York, des démarches pour le même but sont engagées. C’est qu’il y a une Internationale amazighe qui se forme et brille par son dynamisme. Au Maroc, on est en train de donner à la culture amazighe l’occasion d’exprimer sa fierté. Je suis confiant, d’autres progrès viendront. Il faut juste que les Imazighs marocains s’y mettent sans se relâcher. Et avec intelligence. On ne revendique pas ses droits culturels en s’attaquant à ceux des autres qui ne sont pas berbères. Il faut respecter le droit à la différence. Je veux vous avouer que même en étant personnellement de culture amazighe, cela ne m’empêche pas d’apprécier la culture arabe. Elle est merveilleuse, contemplative. J’aime sa poésie et sa littérature. La musique arabe aussi me touche beaucoup. J’écoute les artistes égyptiens ; des chanteurs arabes algériens, marocains, comme Belkhayat, Atabou, feu Slaoui, etc. Mais ma propre culture est amazighe. Je suis né amazigh. Que je la défende donc, c’est tout à fait normal.


Samedi 6 Mars 2010
ENTRETIEN REALISE PAR IDRISS OUCHAGOUR

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Re: Le journal de Tafraout
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Une demande d’exploitation d’une nouvelle carrière à Awmrakt inquiète les habitants de Tafraout : Le granit de la discorde

Le dépôt tout récemment, auprès du conseil municipal de Tafraout, d’une requête pour l’obtention du permis d’ouverture d’une nouvelle carrière de granit au lieu dit Awmrakt, à quelques encablures de la ville, inquiète les habitants. Ces derniers redoutent que les services compétents avalisent cette demande dans les prochains jours. « Si cela venait à se réaliser, la carrière serait implantée encore tout près du village de Doutlzought», nous explique-t-on du côté de la municipalité. Ce n’est pas la première fois que le granit d’Awmarkt attise les convoitises des vendeurs de marbre. Deux autres carrières ont été auparavant ouvertes dans le site. Mais les travaux y sont à l’arrêt pour le moment. Les riverains, en l’occurrence les Idrraben, pour avoir pâti de la promiscuité de ces «chantiers incommodants», craignent de revivre la même galère, en cas d’approbation des autorités concernées. «Des nuisances sonores ininterrompues produites par les insupportables vrombissements des marteaux-piqueurs et des nuages de poussières lourdes et suffocantes qui pollueront l’atmosphère et la végétation …Tout cela, nous devrons le supporter encore!». Mais pas seulement! L’usage massif des explosifs par les exploitants des deux carrières fermées, a déjà provoqué des fissurations dans toutes les habitations des villageois. «On imagine du coup ce que deviendront nos maisons, du fait que le lieu prévu pour la nouvelle carrière est dans le voisinage immédiat», s’alarme un Adrrab. Outre ces habitants qui auront à subir directement ces désagréments si l’exploitation de ce projet d’extraction de granit est acquise, les opérateurs touristiques de la ville ne cachent pas, eux aussi, leur appréhension. L’endroit choisi ayant une vocation et une valeur touristiques pour la région. C’est un lieu de promenade pédestre par excellence en raison des configurations attrayantes qu’offrent les montagnes surplombant Awmrakt. Ouvrir une autre carrière équivaut, selon ces opérateurs, à un «acte de vandalisme» qui portera atteinte à un patrimoine naturel qui constitue un grand atout dont s’enorgueillit la ville de Tafraout. Il suffit de savoir que le site avait même inspiré le réalisateur américain, Robert Dalva, en 1983, qui est venu y tourner la dernière partie de son film, «The Black Stallion Returns » (Le retour de l’étalon noir). De ce fait, les habitants de Doutlzought et les opérateurs dans le secteur touristique lancent un cri d’alarme à l’adresse des responsables compétents afin de ne pas octroyer d’autorisation pour l’ouverture de la carrière incriminée. Ils mettent en avant les dispositions de la loi régissant l’exploitation des carrières, en l’occurrence la loi 08-01, qui sont très explicites à ce sujet. Cette loi réglementant l’activité en question, proscrit en effet la délivrance de permis d’exploitation, en cas de péril mettant en danger l’environnement, l’hygiène, la sécurité des habitations ou portant tout simplement atteinte à l’intérêt collectif des habitants. A voir tous les préjudices infligés à la nature et aux riverains des deux autres carrières d’Awmrakt, heureusement aujourd’hui en cessation d’activité, on est vraiment à se demander quelle inadvertance s’est emparée des responsables, pour permettre un aussi odieux ravage. On se demande d’ailleurs comment ces mêmes responsables, après l’arrêt de ces carrières, ont toléré que les excavations sauvages et qui jurent encore aujourd’hui comme des furoncles au milieu du paysage féerique, soient abandonnées sans aménagement des lieux. Ceci, alors que les cahiers des charges réglementant les conditions d’exploitation de ces carrières stipulent clairement que les exploitants sont tenus, au terme de leurs activités, de remettre en l’état originel et de replanter ces espaces. Au moment où Tafraout se mobilise pour acquérir le statut du pays d’accueil touristique (PAT), les atteintes à son patrimoine naturel qui est sa richesse et son atout dans l’enjeu touristique et économique, ne répond pas vraiment à cette ambition. Aussi, est-il plus que jamais urgent de protéger ces produits naturels inestimables. De ce fait, l’interdiction de tout projet de carrière dans le site d’Awmrakt, doit être décrété. Il faut aussi redonner à ce dernier son intégrité et sa beauté d’antan. Par le remblaiement de ces gouffres creusés et abandonnés sur les lieux d’installation des carrières délaissées et la remise en l’état de ces espaces de manière à les intégrer dans le milieu naturel.

Lundi 1 Mars 2010
IDRISS OUCHAGOUR

Source :
http://www.libe.ma

Contribution le : 22/03 18:05:45
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Re: Le journal de Tafraout
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Réhabilitation des amandiers à Tafraout : Les associations de développement local perdent la bataille

Taghaout, dans la commune de Tassrirt. Sur les larges versants de la montagne surplombant le douar, l’association opérant dans le développement local du village a mené, il y a quelques années, l’un des plus grands projets de plantation d’amandiers dans la région. Près d’un millier de jeunes arbres sont plantés. Nous avons réalisé un décomptage sur le terrain qui a révélé que, seulement quelques dizaines tiennent ! Le reste des plants étant carrément grillé ! «Une cuisante déculottée!», se contente d’avouer un responsable de l’association en parcourant des yeux, du haut d’une petite colline limitrophe, la vaste étendue cultivée d’amandiers. L’Association des Aït Taghaout n’est pas la seule à ne pas réussir ce «challenge» agricole. En l’espace de trois ans, plus de vingt autres structures du genre ayant pour vocation le développement local des villages des communes de Tassrirt, Tahala, Aît Ouafka et Tarswat, se sont lancées dans la culture d’amandiers. Et ce, dans le cadre du projet dit de «réhabilitation de l’amanderaie de Tafraout» dont la réalisation s’est étalée sur la période 1997-1999. Programme lancé par la direction provincial de l’agriculture, pour pallier la grave «déprédation» infligée au patrimoine arboricole local estimé à 5500 ha, à cause des sécheresses qui se sont abattues sur la région. L’initiateur du projet est ainsi conscient de l’enjeu que présentait cette activité agricole dans l’économie des populations, sachant que l’amanderaie locale occupait plus de 72% des terrains dédiés à l’arboriculture dans la région. Selon une source proche du Centre des travaux agricoles de Tafraout, globalement, plus de 120.000 plants sont distribués à ces associations. Lesquelles les ont distribués aux fellahs des différentes régions, pendant la période du projet de réhabilitation. Actuellement, le résultat obtenu est affligeant ! «Pas plus d’un lot de 400 à 600 arbres subsistent!», nous informe, dépité, le président d’une association qui suit l’évolution du projet. Comment on en est arrivé là ? Les paysans imputent en grande partie la responsabilité du maigre bilan aux associations ayant pris en main le projet, sans s’être engagées à fond. Comme nous l’explique cet agriculteur : «Les associations se sont limitées dans leurs actions à jouer le rôle de médiateurs passifs entre le Centre des travaux agricoles et les fellahs, avant de disparaître dans la nature en nous lâchant». Or, selon les arboricultures ciblées, ces entités de la société civile se sont bien engagées en tant que partenaires de l’Etat dans ce projet. Un statut, ajoutent-ils, qui exige d’elles d’accompagner le projet pour garantir sa réussite. Sachant que les paysans, tout pauvres qu’ils sont, ne peuvent mener à bien le projet tout seuls.

Premier défi pour les bénéficiaires, la question de l’eau d'irrigation. La rareté de cette source étant une difficulté dont souffre la région d’une manière structurelle. Le résultat ne s’est pas fait attendre : 80% des jeunes arbres plantés sont calcinés. «Que voulez-vous qu’on fasse! Quand vous avez sur les bras des milliers de jeunes amandiers et que vous êtes dépourvu de moyens pour mobiliser les eaux d’irrigation? C’est tout simplement laisser ses plants mourir au soleil ! On avait le choix!», s’exclame avec rage un fellah du village de Tarswat. Les attaques des sangliers viennent porter un autre coup dur au projet. Les centaines de groins fouineurs qui squattent le voisinage des villages, ont pillé, selon des estimations des arboriculteurs, près de 15% des plants. Un problème que subissent les agriculteurs de la région sans exception. Là aussi, les bénéficiaires en veulent aux associations partenaires de n’avoir rien fait pour les aider à protéger leurs terrains plantés contre les razzias occasionnées par ces suidés. D’autre part, l’exode rural vers les centres urbains, vient s’ajouter aux autres difficultés. C’est une donne handicapante pour le projet de réhabilitation. Commencé vers le début du siècle précédent, ce phénomène a fini par vider les campagnes en touchant en grande partie les jeunes du milieu rural. Les envois d’argent par leur progéniture vivant dans les villes, aux fellahs âgés n’encouragent guère ces derniers à un meilleur rendement de l’activité arboricole, pour céder la place à la démobilisation générale dans leurs rangs. On a même vu des bénéficiaires tourner le dos à leurs parcelles plantées, même dans les zones irriguées. Voilà, somme toute, ce qui a fait que le projet de la «réhabilitation de l’amanderaie de Tafraout» échoue sans pouvoir atteindre les objectifs tracés. En engloutissant une énorme partie des deniers publics (acquisition des plants payés entre 15 et 25 DH, transport, les produits phytosanitaires et autres pesticides octroyés aux associations, etc). Entre-temps, l’amanderaie locale subit une dégradation permanente. Outre la sécheresse, une grande partie est dernièrement attaquée par des maladies, en l’absence de traitement. La production locale, qui approvisionnait les souks de la région du Souss, s’en est ressentie. Aujourd’hui, elle peine même à satisfaire les besoins des habitants ! Pourtant, les décideurs publics ne baissent pas les bras : «Il faut coûte que coûte restituer à Tafraout sa notoriété d’antan de région productrice d’amandes». Ils décident de revenir alors en charge à travers le Plan Vert Maroc qui se réclame d’une nouvelle approche. Plus ambitieuse. Puisqu’elle vise à réhabiliter toute la filière de l’amandier, avec des moyens financiers et techniques conséquents.


Entretien avec Abdelkrim Belhafyen, chef de service à la Direction de l’agriculture de Tiznit : «Le Plan Maroc Vert garantit la réussite du projet amandier»


Libération : Que prévoit le Plan Vert Maroc en termes de nouvelles plantations des amandiers dans la région ?

Abdelkrim Belhafyen : Je voudrais d’abord rappeler que l’action du Plan Vert touchera globalement une superficie de 6.000ha, dont 5500 ha concernent l’amanderaie déjà existante, qui sera réhabilitée. C’est le reste donc, à savoir 500 ha, qui sera planté par les amandiers. Le projet se décline sur plusieurs années. Et cette année, nous allons planter 200ha. Pour les superficies déjà peuplées d’amandiers, le Plan Vert assurera l’entretien de 150ha. Quant à l’emplacement des nouveaux plants, une superficie de 14ha est déjà aménagée près du village d’Aguerd Oudad, dans la municipalité de Tafraout. Elle a été plantée à l’occasion du Festival des amandiers. C’est le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, lui-même, qui a inauguré cette opération. Pour les 536ha restants, ils seront répartis inégalement sur les communes d’Aît Ouafka, Tassrirt, Tarswat et Anzi.

Voulez-vous nous donner une idée sur les moyens financiers mobilisés par le Plan Vert à cet effet ?

Il s’agit d’un montant de 6 MDH. En plus d’une autre enveloppe accordée par le Fonds de développement rural, destinée à la mobilisation des eaux souterraines d’irrigation. Je pense que c’est la première fois que la culture de l’amandier bénéficiera d’un aussi important budget. Qui concerne, il faut le souligner, le coût de la réhabilitation de toute la filière de l’amandier, de la plantation à la commercialisation.

Le problème de la sécheresse structurelle dans la région constitue toujours le grand défi à relever pour la culture des amandiers. Comment le Plan Vert compte-t-il aplanir cette difficulté ?

Il faut souligner que cette problématique de rareté d’eau qui est une donne structurelle, comme vous dites, est le grand handicap que compte surmonter le Plan Vert en priorité. Et ce, par une mobilisation assurée des eaux d’irrigation. Il s’agit d’abord, dans le cadre de la mobilisation des eaux souterraines de réaliser près de 25 forages (dits sondages de reconnaissance) d’eau pour la transformation d’une dizaine d’entre eux en sources d’irrigation. 4 sont déjà opérés et ont donné des résultats souhaités (débits de 2 à 6 l/s). Deux sont réalisés à Ammelne, un dans la commune d’Afla Ighir et un autre dans celle de Tahala. Pour ce qui est de la mobilisation des eaux superficielles, nous avons identifié au niveau de notre administration, les sites devant abriter deux barrages collinaires. Sachant que des études de faisabilité de ces ouvrages de rétention des eaux pluviales dans ces lieux, doivent se faire par les services compétents. Les emplacements suggérés pour leur réalisation sont les sites de Tizirt, de la commune de Tassrirt et celui de Sidi Aâkoub, dans la vallée des Ammelnes. Ces deux ouvrages permettront de retenir un peu plus d’un million de m3 d’eau. Ce sont les superficies plantées, notamment à Awmrakt, ainsi que la palmeraie de Tafraout qui en bénéficieront.
Sur le terrain, le PVM peut buter sur d’autres difficultés. On cite par exemple, le fait que les fellahs de la région sont peu organisés en coopératives; le problème de l’émigration des populations vers les centres urbains ou entre celui des structures foncières des terrains.
C’est vrai que tout cela existe. Pour ce qui est du manque d’organisation des paysans en entités représentatives telles les coopératives, le PVM en est très conscient. De ce fait, une action dans ce sens est prévue pour remédier à ce déficit. Pour ce qui est de l’exode rural, qui est certes un grand problème, le Plan Vert ambitionne justement de retenir les paysans sur place. Quant à la nature du foncier, celle-ci reste très complexe à résoudre. Je fais allusion à l’expérience de remembrement des terrains menée à Aît Ouafka depuis des années, sans jamais aboutir. Mais concernant notre projet, nous allons tout simplement choisir des grandes parcelles à planter, et chaque fellah bénéficiera des arbres se trouvant dans ses parcelles. Ainsi, la stratégie du PMV, permettra certainement de surmonter ces handicaps. L’autre initiative du Plan, est que les superficies plantées vont être confiées pendant deux ans à des entreprises agricoles spécialisées dans le cadre de marchés publics, qui s’occuperont de leur irrigation et entretien. Après, les terrains seront remis aux fellahs des villages, clef en main. Donc, le succès est sans doute assuré.

Quid de la dernière phase de la filière, à savoir la mise en valeur de la production et sa commercialisation ?

D’abord nous espérons à la fin du projet parvenir à améliorer le rendement en amandiers quantitativement, c’est-à-dire, passer de 0,5 kg par arbre à 2 ou 3 kg. Autrement dit, nous ambitionnons deux quintaux d’amandes par hectare. Il y aura, comme prévu, la mise en place de trois unités de décortication du fruit et son conditionnement. Les produits finis seront acheminés vers les coopératives de collecte qui seront appelées à s’organiser en «groupements d’intérêt économique» : Des organismes qui auront un statut en quelque sorte similaire à celui de l’agrégateur agricole. Le PMV prévoit enfin des actions pour aider les agriculteurs à mettre leurs produits dans les circuits de commercialisation.

Mercredi 24 Mars 2010
ENTRETIEN REALISE PAR I.O.


Source :
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Contribution le : 24/03 12:28:51
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Re: Le journal de Tafraout
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Erosion, vieillissement, absence de restauration : La lente décrépitude du patrimoine rural de Tafraout

Village d’Aguechtim, dans la vallée des Ammelnes. Dans ce petit hameau perdu entre les abruptes falaises du Jbel Elkasst, nous avions repéré, il y a quelques années, l’une des plus vieilles maisons datant du milieu du XVIIe, et joyau de l’architecture traditionnelle rurale, dans la région. A notre retour au douar dans le but de la prendre en photo pour les besoins de ce reportage, nous l’avons trouvée réduite en un fatras de pierres et troncs de palmiers de sa charpente en bois. Malheureusement, ce n’est pas la seule bâtisse mettant en avant les caractéristiques de l’architecture traditionnelle locale qui a enduré cette affligeante érosion, dans la région. La chose tend désormais à prendre l’aspect d’un phénomène visant ce patrimoine ancestral. Il suffit de savoir que dans un espace représentatif, comportant 28 villages des Ammelnes et de Tafraout où nous avions mené nos investigations, puisqu’il «truste» la plus grande concentration de ce patrimoine quant à sa répartition territoriale dans la région, le constat de l’étendue des démolitions subies est frappant. En l’espace d’un lustre, près de 52 bâtisses du genre sont tombées en ruine. Avec un pic enregistré en 2009 et 2010, où, malgré la courte période, 47 maisons se sont écroulées. Premier facteur incriminé, dans cet état de fait, bien entendu, la vulnérabilité du bâti qui commence à céder sous le poids de l’âge qui, selon Da Aâbdouyidir, un nonagénaire du village d’Imintizght, atteint bien aujourd’hui, dans l’ensemble, entre cent, et deux cent cinquante ans, dans le meilleur des cas. Le manque d’entretien de ce patrimoine a fortement contribué à précipiter le processus des destructions. Et cela s’explique par l’«effritement» des structures traditionnelles d’organisation sociales des habitants. Cet éclatement familial a, du coup, provoqué l’abandon des demeures parentales, une fois les ascendants décédés, pour de nouvelles bâtisses modernes individuelles, «plus confortables», nous expliquent les villageois. Sur ce, vient s’interférer cet autre «acharnement» sur ces joyaux architecturaux, de la part des propriétaires, afin de les remplacer par des ouvrages en béton armé. Un état de fait très souvent dicté par l’exiguïté des espaces bâtissables, notamment dans les zones montagneuses escarpées, et qui est, du reste, accentué, ces derniers temps, par cette tendance de la diaspora établie dans les villes, à retourner construire au village natal.
Toutefois, ce sont les dernières intempéries qu’a connues la région ces deux dernières années qui ont assombri davantage le tableau. Un comptage fait par nos soins, toujours dans le périmètre indiqué, juste entre le mois de novembre 2009 et février 2010, montre que 34 beaux ouvrages sont irrémédiablement réduits en ruine par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région. C’est dire le regrettable gâchis ! D’autant plus que, de mémoire d’habitant, jamais un si grand pan de ce patrimoine bâti ne s’est éclipsé d’une manière aussi subite, s’alarme Da Aâbdouyidir. Dorénavant, le peu de vieilles bâtisses à caractère patrimonial qui résistent encore aux outrages du temps, «se comptent sur les doigts». A voir leurs localisations, on les trouve particulièrement dans les villages de la vallée des Ammelnes, les douars de la municipalité de Tafraout et, dans une moindre mesure, dans ceux de la commune d’Afella Ighir. A Tahala et dans les communes alentours, Tarsswat, Aît Ouafka et Tassrirt, elles se font très rares, voire inexistantes. L’état «physique» de ces «survivances» patrimoniales ne paye pas mine. Vétustes, sans entretien. La plupart d’entre elles menacent ruine. Le reste de cet héritage, seul support mémoriel /vestige de toute une culture architecturale spécifique, est ainsi voué à la disparition si rien n’est fait pour le sauvegarder. Comment donc relever le défi dans un contexte aussi «hostile»? Pour Ahmed Rakbi, professeur à l’Université d’Ibn Zohr d’Agadir, la première action urgente à entreprendre doit s’inscrire dans une approche de sensibilisation. D’abord, celle des populations locales, quant à l’importance de leur identité architecturale et des richesses culturelles qu’il recèle. Il faut aussi, selon lui, dans le souci d’une action prospective, étendre cette démarche aux écoles en introduisant des thèmes ayant trait généralement à ce patrimoine et aux problématiques relatives à sa réhabilitation et préservation, dans les programmes scolaires. L’intégration de ce précieux legs dans le processus de développement durable local s’impose d’ailleurs comme une solution à la «question patrimoniale». Les enjeux touristiques et économiques que peut susciter la valorisation de ce dernier sont très porteurs, d’autant plus que cela assurera le processus de sa pérennité. Mais tant qu’une législation pour interdire la destruction, jusque-là impunie, de cette vulnérable «mémoire collective», n’est pas mise en place, une grande partie de celle-ci, risque de disparaître au détriment des ouvrages en béton armé.

Une architecture originale

L’architecture des vieilles maisons dans la région de Tafraout est très typique d’un modèle collectif de construction originale. Bâties en pierre et la terre crue avec une robuste charpente en bois, le premier élément extérieur saillant de ces ouvrages traditionnels, c’est l’entrée. Elle est faite d’un portail assez grand en bois sculpté de motifs divers, souvent placé au milieu du mur chaulé de la façade. Deux poutres verticales encadrent la porte et montent jusqu’au niveau du toit. En haut, le cadre ainsi délimité, comporte une petite fenêtre à l’image d’une meurtrière (Tarriht), et est paré de motifs, faits de pierres en morceaux d’ardoise finement taillés, agencées en figures géométriques, tantôt rectangulaires, tantôt carrées ou encore en forme de chevron. Dans les angles des coins du muret entourant le toit, sont dressées en ornementation de longues tablettes d’ardoises (Tikfafine). Une fois le seuil de la porte franchi, on est accueilli dans une sorte de vestibule (Aghegoumi). La première impression qu’on ressent est le manque de luminosité en raison de l’étroitesse des fenêtres. Par contre, on s’aperçoit d’emblée que l’aménagement de l’intérieur est disposé autour d’un préau (puits de lumière) qui s’élève jusqu’au toit. La structure du rez-de-chaussée, d’où montent les escaliers (en pente raide sans marches), est totalement dédiée au bétail. Au premier étage, sont agencés, cuisine, chambre personnelle du « maître de la maison » peu éclairée par la « meurtrière » de la façade, une chambre pour ablutions (Lmyidi) et un espace qui remplit la fonction de dépôt pour vivres (Lastwan ou Ahanou). Alors que le deuxième étage est réservé aux hôtes (Tamssriyt). Au niveau de la terrasse, on se contente d’un simple abri (Awlaf) investi pendant les nuits d’été pour dormir. Toutefois, s’il s’agit là d’une généralisation de l’organisation intérieure des antiques demeures de la région, des modifications sont pourtant souvent opérées selon les besoins dictés par d’autres fonctions données à ces espaces habités. Sans pour autant porter préjudice aux affinités communes basiques. Il faut savoir que, anthropologiquement, la conception de cette spécificité architecturale n’est pas assujettie uniquement aux simples exigences techniques de construction. Loin de cette seule logique physique, d’autres considérations, aux accents religieux et superstitieux entrent en ligne pour forger et donner âme à cette identité architecturale. On souligne enfin que géographiquement, « l’aire » d’adoption de ce style architectural est bien délimitée : elle s’étend d’Idaoubaâkil à la lisière d’Anzi, jusqu’à Aît Ihya dans le massif de Tanalt (Chtouka Aît Baha), en passant par Idaousmlal, Tafraout, Ammelnes, Aît Ouafka et Tassrirt.

Entretien avec Mohamed Jabir, président de l'Association de bienfaisance d'Idaousmlal, province de Tiznit : “La mobilisation de tout le monde est nécessaire”


L'Association de bienfaisance d'Idaousmlal, consciente de l'état de dégradation dans lequel se trouve le patrimoine architectural local de Tafraout et Idaousmlal, décide de sonner le tocsin. Et ce, à travers l'organisation de sa 1ère Rencontre printanière qu'elle consacre à ce sujet. C'est l'occasion aussi de lancer un appel aux acteurs publics et associatifs, pour une prise de conscience collective des spécificités architecturales de la région, et les richesses patrimoniales que véhicule cet héritage séculaire dénotant un savoir-faire traditionnel remarquable qu'il importe de mettre en valeur. Une initiative à marquer d'une pierre blanche.

Libé: Comment jugez-vous de la pertinence de cette manifestation consacrée au patrimoine architectural traditionnel?

Mohamed Jabir: La première Rencontre printanière d'Idaousmlal sur le patrimoine architectural du Souss, intervient dans un contexte où le « béton » commence à envahir sans cesse nos espaces ruraux. Ainsi, dans nos campagnes les plus reculées qu'on croyait jusque-là épargnées, on est agressé, ici et là, par des monstru osités en béton qui se dressent au beau milieu des anciens villages. Exhibant des architectures sans harmonie structurelle, ni esthétique, en porte-à-faux avec le décor ambiant fait de belles bâtisses rustiques en pierres et terre. D'autre part, on constate que les anciennes maisons dont les constructions et les façades présentent des aspects architecturaux dignes d'être préservés, subissent sans cesse des démolitions. A cause des intempéries et de l'usure du temps. Partant de ce constat, notre association a décidé à travers l'organisation de sa 1ère rencontre Printanière d'Idaousmlal, d’attirer l'attention sur cette partie de notre mémoire qui s’estompe.

A travers cette manifestation, à qui est censé s’adresser votre message ?

Nous interpellons d'abord les autorités qui doivent se rendre compte de cette triste réalité. Leur rôle dans l'action de sa conservation et l'aménagement architectural des territoires ruraux est indéniable. Ensuite, les élus, en vertu des attributions que leur confèrent leurs responsabilités dans les conseils communaux. D'autant que leur influeuce sur les décisions d'élaboration des plans d'aménagement à long terme, entre autres, les configurations architecturales de leurs districts ruraux est grande. Sans oublier le tissu associatif, qui doit nous emboîter le pas et s'engager dans des actions de sensibilisation et pourquoi pas contribuer à la préservation de ce patrimoine. Et je pense que, si chacun s'y met, nous gagnerons ce pari.

Voulez-vous nous brosser un tableau de l'état actuel de ce patrimoine dans les régions ?

Nous n'avons pas mené une démarche strictement exploratrice sur le terrain pour dégager des statistiques. Mais, il est évident qu'il y a feu en la demeure et qu'une action de sauvegarde s’avère urgente pour sauver les meubles. L’«hégémonie » des matériaux comme le ciment et les parpaings dans le paysage architectural de nos compagnes crève les yeux. Nos villages commencent à perdre leurs spécificités architecturales. Si rien n'est fait pour arrêter ce rouleau compresseur, ils seront, à coup sûr, complètement défigurés à brève échéance.

Y a-t-il des actions entreprises par votre Association dans le sens de la préservation des bâtisses faisant partie de ce patrimoine ?

Pour le moment nous avons commencé par une démarche strictement de sensibilisation. C'est une action basique très importante pour gagner cette bataille. Lors de notre Rencontre printanière d'Idaousmlal, nous avons organisé un voyage d'une centaine de jeunes Semlalis de Casa et de France … qui se sont rendus à Idaousmlal pour prendre part à la manifestation. Le but, loin d'être festif et récréatif, est surtout de diffuser la connaissance de ce patrimoine et de leur expliquer l'importance de ce legs des ancêtres, qui témoigne d'un art et d'une méthode ingénieuse de nos maîtres artisans d'antan. D'où la nécessité de sa préservation. Nous avons mis à la disposition des visiteurs plusieurs stands où sont exposées des photos mettant en exergue les différents genres de constructions traditionnelles et les motifs ornementaux des façades caractérisant le cachet architectural local. Les générations montantes, dont les parents se sont sacrifiés à les élever et les former dans des écoles, durement, dans les villes, ont dans la foulée oublié, par contrainte financière, leurs maisons et biens de Tamazirt. Si bien qu'on voit aujourd'hui de vieilles constructions, faute d'entretien, s'écrouler. Si alors un jour, un de ces jeunes pensera construire une demeure dans son village, il se souviendra certainement de la leçon.

Y a-t-il d'autres actions en perspective ?

L'Association est en train de construire un centre de formation aux métiers d'artisanat traditionnels, à l'exemple de l'orfèvrerie en argent, la fabrication des babouches locales, la broderie sur le tissu des habits traditionnels locaux,…etc. En plus, nous avons décidé d'y enseigner la maçonnerie traditionnelle locale. Ce métier est menacé de disparition. Nos maîtres artisans l'ayant perpétué des générations durant, ont vieilli ou sont décédés. Si bien qu'on voit aujourd'hui, malheureusement, que nos Mâlmins ne s'y connaissent qu'en béton et parpaings. Quant à l'art et aux techniques de construction traditionnelle, on peine vraiment à trouver ceux qui y excellent encore. Et lorsqu'ils sont disponibles, ils demandent des prix prohibitifs. Voilà pourquoi nous souhaitons que les personnes ainsi formées prennent la relève. Afin de ressusciter cet art, le démocratiser, pour ainsi parvenir à sa préservation. D'autre part, nous menons actuellement des concertations continues d'abord avec un groupe d'architectes «engagés», qui sont soucieux de la préservation de cet art, pour pouvoir élaborer des plans de construction qui prennent en considération nos spécificités, afin de les mettre à la disposition des habitants désireux de réaliser des projets de construction à Idaousmlal. Nous avons ouvert aussi des débats avec les marchands de matériaux de construction à Idaousmlal. Car certains éléments comme la pierre de l'ardoise (dit Akfaf en berbère) utilisée pour faire des motifs décoratifs sur les façades ne sont disponibles que dans la région de Tafraout. Il faut donc les mettre à la disposition des habitants. Plus important, nous venons d’obtenir des élus et autorités locales leur autorisation d’adopter le style architectural traditionnel comme modèle type auquel doit se conformer tout projet de construction.

Comment comptez-vous inciter les habitants à construire selon ces modèles ?

Vous savez, l’association n'a aucun pouvoir d’imposer tel ou tel modèle. Cela relève, bien entendu, des compétences des élus et des autorités. Mais notre seule force de persuasion réside dans notre argumentaire. Nous expliquons l'importance de cette richesse architecturale, les aspects et les valeurs artistiques qu'elle recèle et ses éventuelles implications dans la vie socioéconomique des populations de la région. Par contre, nous avons commencé par donner l'exemple et cela a réussi. L'Association de bienfaisance d'Idaousmlal a entrepris plusieurs constructions dans le cadre du renforcement et de la mise en place des équipements socioculturels dans la région (mosquée, centre de formation aux métiers d'artisanat local, foyer féminin…). Nous avons, alors, fait montre d'un minutieux et intelligent respect de la reproduction de l'architecture locale. Les gens n'ont pas contesté. Ils ont trouvé que c'est du beau travail. Les passants s'arrêtent souvent pour admirer ces œuvres et les prendre en photos. Une prise de conscience s’est vite opérée chez les habitants. On a vu beaucoup d'entre eux qui entreprennent des projets de construction, soit des ouvrages d'habitation ou autres, imiter les modèles s'inspirant de l'architecture locale. C'est déjà un grand pas et un acquis pour nous. Notre souhait est de faire du centre d'Idaousmlal un patelin exemplaire, un modèle à suivre dans toute la région, en matière d'architecture originale locale.

Source :
http://www.libe.ma

Lib..Mardi 27 Avril 2010
IDRISS OUCHAGOUR

Contribution le : 28/04 13:13:08
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Voyage des étudiants ingénieurs de l’EHTP à Tiznit


Des étudiants ingénieurs de l'Ecole Hassania des Travaux Publics (EHTP) de Casablanca, dans le cadre du « projet d'initiative privée », ont fait une démonstration citoyenne de sensibilisation pour la préservation du patrimoine par le biais de l'organisation d'un voyage culturel aux régions de Tiznit et Tafraout. Ce voyage a été effectué en collaboration avec des ONG dont l'association Al Madina de la Maisons des jeunes de Zeréktouni à Casablanca qui a offert des livres pour la constitution d'une bibliothèque dans le groupement des village Imi N'tizght Anbdour, région de Tafraout.
Le thème principal retenu pour ce voyage est la bijouterie traditionnelle qui constitue un patrimoine emblématique de la région de Tiznit avec fibules, bracelet, bagues, koummiya etc. Les étudiants, une vingtaine, devaient, par initiative autonome, découvrir la région, ses spécificités à travers les bijoux en argent mais aussi l'architecture de terre locale (la restauration de la Casbah Aghenaj à Tiznit futur musée par l'architecte anthropologue Salima Naji) et les ressources naturelle en paysages et surtout la population locale.
L'un des moments forts de ce voyage de découverte est la visite par les étudiants ingénieurs des ateliers d'orfèvrerie en argent de quoi leur permettre, en découvrant les joailliers de Tiznit, d'approcher l'univers de la bijouterie traditionnelle, le secret de sa fabrication et de sa pérennité à travers les siècles ce qui ne manquera pas de les rendre encore plus sensibles à la préservation de ce patrimoine ancestral. Les étudiants devaient visiter le complexe artisanal de la délégation du ministère de l'Artisanat, les ateliers de l'association Amoudou pour un tourisme responsable et solidaire de Tiznit ainsi que le chantier de restauration de la casbah Aghenaj où sera aménagé prochainement un musée destiné au patrimoine culturel de la région dont un panorama de la bijouterie en argent.
Ce voyage a été organisé en partenariat avec l'association Aidéco qui a contribué pour la réussite du voyage de découverte au niveau de la logistique (accueil et mobilisation d'un guide, hébergement, programme d'animation, coordination avec les différentes associations de bijouterie) ; ainsi que l'association AL Madina et la maison des jeunes Zerktouni qui a apporté de l'aide dans l'organisation et le déroulement du voyage(fourniture de livres pour enfants, préparatifs du voyage, mobilisation cameraman, accompagnement pendant le voyage).
L'Ecole Hassania est réputée pour l'ouverture culturelle qu'elle exige de ses élèves ingénieurs, notamment grâce à la mise en place d'un module obligatoire, depuis 5 ans, le Module Projet Culturel. Ce module inclut la gestion d'un projet d'initiative personnelle (PIP) à travers lequel les élèves apprennent à forger leur capacité à concevoir, organiser et animer des événements associatifs, culturels ou sportifs.
Rappelons que jusqu'à présent 4000 lauréats ont été formés dans cette école supérieure publique depuis sa création en 1971 et ce dans divers domaines de spécialités comme le BTP, l'hydraulique, le génie électrique, l'informatique, la météorologie et l'aménagement du territoire.

L'Opinion.
04/05/2010

Contribution le : 05/05 16:16:18
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